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L’Occident
féodal : les cadres
de la société
I Paysans et seigneurs
A Grands défrichements et
naissance des villages
A partir de l’an mil, l’Europe connaît une croissance démographique importante, passant d’environ quarante à soixante-dix millions de personnes en l’espace de trois siècles. Pour faire face à cette croissance, l’agriculture a dû faire des progrès techniques (collier d’épaule, faux par exemple) mais également conquérir de nouvelles terres agricoles sur la forêt : c’est la période des grands défrichements. Par ailleurs, des villages se créent à proximité des champs et routes, facilitant ainsi l’activité économique.
B L’organisation d’une
seigneurie : l’exemple de
Séverac le château et de la seigneurie du couvent des Billettes
Un
seigneur est un propriétaire terrien. Il possède un territoire plus ou
moins
vaste et a autorité sur les habitants de sa seigneurie. A Severac le
château
par exemple, il a le droit de justice.
-
le château
fort, situé en hauteur, qui sert au seigneur à
se loger et également à protéger sa seigneurie des autres seigneurs.
Les
habitants de la seigneurie peuvent s’y réfugier en cas de danger.
-
le village ou le
bourg fortifié où se trouvent les habitations mais aussi les
installations
nécessaires à la vie religieuse et économique des paysans. On y trouve
par
exemple systématiquement une église mais aussi des outils comme les
moulins à
eau, le pressoir ou le four.
-les terres
cultivées qui comprennent la réserve c'est-à-dire la partie de la terre
cultivée par le seigneur directement grâce aux corvées des paysans
(travail
forcé des paysans sur la terre du seigneur) et les tenures, partie de
la terre
louée à des paysans en échange du cens (taxe).
-les autres
espaces : les routes , qui permettent la communication à
l’intérieur et
vers l’extérieur de seigneurie, les forêts qui, une fois défrichées sur
ordre
du seigneur, permettent la croissance de
la seigneurie et les prés qui servent à la nourriture des troupeaux et
peuvent
être utilisés en commun par tous les paysans..
La seigneurie est le territoire du seigneur, qu’il soit laïque ou religieux : ainsi, pour y pénétrer il faut le plus souvent acquitter un droit de péage soit pour passer un pont (Pont sur l’Aveyron) soit pénetrer dans les murs du bourg.

Pour aller plus loin:
-
Sur le site de la Bibliothèque nationale de France, une
animation expliquant en deux images le fonctionnement de la seigneurie
des Billettes.
Il suffit de cliquer sur un des trois carrés en haut à droite pour
changer d'image et de balader sa souris sur l'image pour avoir des
explications. La seigneurie étudiée est plus récente que la période
étudiée en classe mais le propos est néanmoins très enrichissant. De
plus, c'est une seigneurie appartenant à des religieux donc il n'y a
pas de château. Vous pouvez retrouver toutes les ressources de la
bibliothèque nationale de France sur le Moyen-âge en allant sur ce sommaire.
C La vie quotidienne des
paysans et des
seigneurs au Moyen-Âge
Parmi les paysans, on distingue les vilains qui sont des
paysans libres
de leurs mouvements et les serfs qui ne peuvent quitter la seigneurie.
Peu à
peu cependant, le servage disparaît. Mais pour utiliser le four ou le
pressoir,
le paysan doit également payer (banalités). La vie quotidienne des
paysans est rythmée
par le travail de la terre et les saisons. A chaque saison correspond
en effet
une activité particulière.
Le seigneur est quant à lui le chef de la seigneurie. Il est chargé de son administration, y exerce souvent la justice et en tire des revenus importants. Surtout, il est également chargé de sa défense contre les autres seigneurs d’où la présence du château et de l’apprentissage pour les garçons de la chevalerie (voir exercice sur la cérémonie d’adoubement). Les seigneurs et leurs familles forment la noblesse. Ils ont un mode de vie différent des paysans du fait de leur richesse et développent une culture qui leur est propre (fête, amour courtois, chasse, tournois…).
L'image commentée en cours, "Les travaux des champs" (BNF)Pour aller plus loin:
- Une page du site de la réunion des musées nationaux exposant toutes les images des "Très riches heures du duc de Berry" où chaque saison et chaque activité agricole est représentée. Vous pouvez cliquer sur les images pour les voir en grand.
- Un dossier de Curiosphere.tv sur la vie quotidienne au Moyen-âge. La première partie, intitulée "Vie des seigneurs, vie des paysans" correspond tout à fait à ce qui a été vu en cours.
-
Un autre dossier
curiosphere sur le thème du Moyen-âge en général.
II La place de l’Eglise
A L’Eglise est au centre de la
vie quotidienne
Les sacrements rythment la
vie du croyant. Il doit communier le plus souvent possible, surtout à
Pâques.
Les fêtes saintes se retrouvent tout au long de l’année. Chaque village
compte
une église, un curé ou un vicaire.
Le croyant doit aussi faire des pélerinages à Rome ou St Jacques de
Compostelle. Les églises, basiliques, cathédrales et abbayes
constituent les
plus beaux exemples des architectures romanes au XIè-XIIè siècles
(église
romane de Conques) et gothiques à partir du XIIè siècle (cathédrales
gothique
de Reims et Chartres).
Par ailleurs, l’Eglise est très présente dans l’enseignement : Les
maîtres sont
tous membre du clergé et les abbayes sont des lieux de culture très
importants
car on y copie les manuscrits.
B Une institution organisée
mais en remise en cause
constante : le développement du clergé régulier
Le
clergé catholique est hiérarchisé et divisé en deux groupes : les
séculiers et les réguliers.
Le
clergé séculier vit avec les croyants (le siècle). Il est formé des
cardinaux
qui accompagnent l’action du pape et le choisissent, des archevêques et
évêques
qui gèrent les diocèses depuis les cathédrales, des curés et vicaires
qui
gèrent les paroisses depuis les églises.
A
partir du Xè siècle avec la fondation de l’abbaye de Cluny (moine
bénédictins
ou règle de Saint Benoît) mais plus encore du XIè siècle avec la
fondation de
l’abbaye de Citeaux puis Clairvaux (règle cistercienne) se développe le
clergé
régulier c'est-à-dire un ensemble de moines qui obéissent à une règle
et vivent
dans une abbaye à l’écart des autres personnes pour permettre à leur
foi de
pouvoir s’exprimer librement grâce au recueillement et à la solitude.
Au XIIIè
siècle, en réaction à la trop grande richesse de l’église et des
abbayes en
particulier, une autre forme de clergé régulier se développe : les
ordres
mendiants. Sous l’impulsion de Saint Dominique (dominicains ou
« frères
prêcheurs ») puis Saint François d’Assises (franciscains ou
« frères
mineurs ») s’installent dans les grandes villes pour prêcher et
font vœu
de pauvreté.
Tous
ces clergés reconnaissent l’autorité du pape qui est le chef de
l’Eglise.
C L’Eglise : un pouvoir
important
Le
pouvoir de l’Eglise au Moyen-Âge est central. Elle dispose tout d’abord
du
pouvoir financier. En effet, si dans les villages, les revenus des
curés sont
modestes, les évêques, souvent issus de la noblesse, mènent une vie
aisée et
l’Eglise prélève un impôt régulier, la dîme. De même, certaines abbayes
puis
plus tard les ordres mendiants, suite à des donations de croyants, sont
de très
gros seigneurs terriens (abbaye de Saint Denis par exemple).
Elle
joue également un rôle très important dans les domaines culturels et
sociaux : dans un premier temps, les abbayes puis les cathédrales
sont les
principaux lieux d’apprentissages de la lecture et de l’écriture puis
dans un
second temps, malgré l’apparition d’enseignant indépendants dans les
villes
puis d’université, tous les professeurs restent des clercs et
l’enseignement
religieux (théologie, droit canon) reste parmi les plus prestigieux. De
même,
dans le domaine des soins, les hôtel-Dieu accueillent les malades et
sont
dirigés directement par les évêques.
Enfin,
l’Eglise catholique joue un rôle politique et religieux important. Le
pape est
en effet le rival de certains dirigeants laïque (exemple de Philippe le
Bel et
Boniface VIII) et essaie d’influencer leur politique. De plus, l’Eglise
tente
de diminuer l’influence de la violence à travers la « paix de
Dieu »
puis la « Trève de Dieu » (XIè siècle) qui menacent
d’excommunication
les personnes qui font preuve de violence dans certains lieux ou
certains
jours. Enfin, l’Eglise influence énormément la société à travers sa
lutte
contre les hérétiques (cathares, vaudois), notamment avec la mise en
place du
tribunal de l’inquisition ou la décision de partir en croisade contre
les
musulmans en 1095.
III Le Moyen-Âge en
occident : une période de
bouleversement et d’expansion
A L’expansion économique et le
développement du
commerce
Avec
les progrès de l’agriculture et l’augmentation de la population,
naissent de
nouvelles activités dont le commerce. Deux espaces maritimes dominent
le
commerce européen : au nord, les ports de la mer du Nord et de la
Baltique
(Hambourg, Gand, Lübeck) échangent surtout des produits européens comme
les
draps, le vin ou le blé, tandis qu’au sud, les échanges au sein du
bassin
méditerranéen relient l’Europe aux continents africains et asiatiques.
Ainsi,
les ports de Gênes ou de Venise par exemple participent aux commerces
des
esclaves et de l’or venus d’Afrique ainsi qu’à celui des épices ou de
la soie
venues d’Asie.
Le
commerce terrestre est quant à lui dominé par les foires, les plus
importantes
étant les foires de Champagne (Lagny, Provins, Troyes et Bar-sur-Aube)
dont el
développement est assurée par la garantie qu’offre le comte de
Champagne que
les commerçants peuvent circuler sur les routes en sécurité.
Tout
cela permet donc aux produits européens et exotiques de circuler de
plus en
plus sur l’espace européen. De plus, les échanges qui se développent
amènent la
création d’un nouveau métier : le banquier est en effet en charge
de
s’occuper des lettres de change qui circule dans toute l’Europe pour
faciliter
les échanges et éviter des transports d’or trop importants.
B La naissance et l’essor des
villes
La
création et le développement des villes au Moyen-âge sont le fruit de
plusieurs
facteurs. Le plus, souvent, ce développement se fait grâce à l’appui
d’un
seigneur puissant qui laisse se développer autour de son château un
gros
village qui, peu à peu, nécessite l’installation de commerce et de
nouvelles
habitations. On parle alors ed bourg puis de ville (C’est le cas par
exemple de
Bruges). Cette extension de l’espace urbain a également nécessité de le
délimiter en construisant des murs autour de la ville qui permettent de
distinguer le bourg, des faubourgs et de la campagne, de protéger la
ville et
souvent d’installer un péage. Par exemple, au début du XIIIè siècle,
Philippe
II Auguste fait construire les premiers murs d’enceinte de Paris. Dans
d’autres
cas, c’est plutôt l’essor du commerce en Europe qui est à l’origine de
la
transformation de village en ville grâce à une situation géographique
favorable : sur le littoral (Venise, Gênes), dans les grandes
vallées
fluviales (Lyon), dans de vastes plaines permettant les transports
terrestres
(Troyes).
Rapidement, les villes demandent une plus grande autonomie. Ces demandes aboutissent à des affranchissements, les seigneurs donnant aux communes (dans le Nord) et aux consulats (dans le sud) la possibilité de s’administrer eux-mêmes et certains avantages fiscaux. Plus encore, certaines grandes villes deviennent des Etats à part entière comme Florence ou Venise.
C Les croisades et la Reconquista
A
plusieurs reprises durant le Moyen-âge, l’Occident catholique entre en
contact
violent avec l’Orient musulman.
Tout
d’abord, au XIè siècle, les catholiques tentent de reprendre l’Espagne
aux
musulmans. C’est la Reconquista. Celle-ci s’achève en 1493 lorsque la
ville
musulmane de Grenade est prise par les catholiques. Cela marque la fin
de la
présence musulmane sur la péninsule ibérique mais celle-ci aura tout de
même
contribué tout au long du Moyen-âge, malgré les conflits religieux, aux
échanges culturels et commerciaux entre trois continents.
Par ailleurs, en 1095, à Clermont, le pape Urbain II lance l’appel à la croisade en promettant le pardon des péchés à ceux qui y participent. Il souhaite protéger les chrétiens orthodoxe d’Orient, séparé des catholiques depuis 1054 seulement, des musulmans et veut libérer le tombeau du Christ à Jérusalem, alors occupée par les musulmans. Cette première croisade est un succès, les catholiques prennent Jérusalem et fondent quatre Etats latins d’Orient à Edesse, Antioche, Jérusalem et Tripoli. Par la suite, les musulmans reprennent Jérusalem grâce à saladin en 1187, les Etats latins d’Orient disparaissent l’un après l’autre et les six autres croisades qui ont lieu jusqu’au XIIIè siècle sont des échecs, malgré des participants prestigieux (Philippe II Auguste, Richard cœur de Lion, Saint Louis), l’une d’entre elle aboutissant même au sac de Constantinople (1204)
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Dernière mise à jour: 4 février 2012
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